Chers passionnés d’arts martiaux et de culture japonaise, bonjour ! J’espère que vous allez bien et que votre passion pour le Kendo ne fait que grandir.
Aujourd’hui, je suis ravie de plonger avec vous dans un sujet qui, je dois l’avouer, me fascine depuis mes débuts dans le dojo : l’art subtil et souvent mal compris de l’arbitrage en Kendo.
On a tous déjà ressenti cette pointe de frustration ou cette incompréhension face à une décision arbitrale, n’est-ce pas ? Moi la première ! C’est un peu comme une danse complexe où chaque geste compte, et où la perception d’un coup “valide” est bien plus profonde qu’il n’y paraît.
Personnellement, j’ai passé d’innombrables heures à observer, à analyser et même à discuter avec des arbitres expérimentés pour saisir les nuances qui distinguent un simple impact d’un *ippon* parfaitement exécuté.
Ce n’est pas juste une question de toucher l’adversaire ; c’est une combinaison harmonieuse de l’esprit, du corps et du sabre, le tout jugé en une fraction de seconde.
Comprendre ces critères, c’est un peu comme déverrouiller un nouveau niveau de compréhension du Kendo lui-même, et je suis convaincue que cela enrichira votre pratique et votre appréciation de ce sport incroyable.
Alors, êtes-vous prêts à percer les mystères des décisions arbitrales ? Nous allons l’explorer en profondeur.
La Danse Invisible du Shinpan : Plus qu’un Simple Jugement

Au Cœur de la Décision : L’Instantanéité du Kendo
Vous savez, en Kendo, ce n’est pas seulement une question de frapper son adversaire. Loin de là ! Quand on est sur le shiaijo, on a parfois l’impression qu’un coup net devrait suffire. Mais l’arbitrage, ou “shinpan”, c’est une toute autre dimension. Personnellement, je me souviens d’un de mes premiers tournois où j’étais persuadée d’avoir mis un men validissime. Le coup avait retenti, l’impact était là, je le sentais ! Et pourtant, rien. Mon sensei m’a expliqué après que la validité d’un ippon repose sur une alchimie très particulière, un équilibre entre le ki (l’esprit), le ken (le sabre) et le tai (le corps). C’est ce que l’on appelle le ki-ken-tai-ichi. Sans cette unité parfaite, sans cette intention qui transperce, le coup, même s’il touche, reste une simple touche. L’arbitre ne cherche pas juste le bruit du bogu ; il cherche le souffle coupé, l’engagement total qui précède et accompagne la frappe. C’est presque poétique, vous ne trouvez pas ? C’est ce qui rend notre sport si fascinant et si exigeant à la fois. Un arbitre, avec son œil exercé, voit bien plus que nous sur l’instant. Il décrypte la sincérité de l’attaque, la détermination qui anime le kenshi.
L’Équilibre Subtil entre Force et Intention
Honnêtement, cette notion d’intention m’a longtemps échappé. Je pensais que la force brute ou la vitesse étaient les clés. Mais à force d’observer des compétitions et de pratiquer, j’ai compris que l’arbitre évalue aussi la posture d’après coup, le zanshin, cette vigilance persistante qui prouve que l’attaque était complète et que l’esprit est toujours alerte, prêt à réagir. Imaginez un instant : vous avez mis un coup parfait, mais votre équilibre est bancal, votre garde est ouverte, ou votre regard est ailleurs. Pour l’arbitre, c’est un signe que l’attaque n’était pas entièrement contrôlée, qu’il manquait ce petit quelque chose pour la rendre irréfutable. Je me souviens d’une conversation avec un sensei qui m’a dit : “Un bon ippon doit être tellement évident qu’il ne laisse aucune place au doute.” Et c’est exactement ça. Les arbitres ne sont pas là pour deviner nos intentions, mais pour juger ce qu’ils voient et ressentent de notre performance. C’est une compétence qui se développe avec des années d’expérience et une compréhension profonde des principes du Kendo.
Décrypter l’Esprit du Coup Parfait : Au-delà du Visuel
La Magie du Kiai : Quand la Voix Devient Arme
Alors, parlons du kiai. Ce cri puissant, venant des profondeurs de notre être, n’est pas juste là pour intimider, vous savez. C’est une expression de notre énergie vitale, une affirmation de notre volonté et de notre détermination. Pour un arbitre, un kiai bien placé, fort et sincère, est un indicateur crucial de l’engagement total du combattant. J’ai eu l’occasion de m’entraîner avec des pratiquants japonais de très haut niveau, et leur kiai… c’est quelque chose qui vous prend aux tripes ! Il accompagne la frappe, l’amplifie et, d’une certaine manière, valide l’attaque avant même qu’elle ne touche. Si le kiai est faible, hésitant, ou pire, absent, l’arbitre peut douter de la conviction derrière le coup, même si ce dernier est techniquement correct. C’est une des premières choses qu’on nous apprend : le kiai doit sortir du ventre, être porté par toute l’intention. C’est une extension de notre ki, et sans elle, notre attaque perd une partie de son âme, et donc, de sa validité aux yeux des arbitres. Il m’a fallu du temps pour comprendre que le kiai n’est pas juste un “cri de guerre”, mais un élément technique essentiel à la validation d’un point.
L’Impact Invisible : La Précision du *Datotsu*
Bien sûr, il y a l’impact. Mais attention, pas n’importe quel impact ! Il doit être précis, frappant l’une des zones valides (men, kote, do, tsuki) avec la bonne partie du sabre (le datotsu-bu). Un coup qui effleure, qui glisse, ou qui est mal ciblé, ne sera jamais un ippon. J’ai vu tellement de kenshi se frustrer après avoir pourtant “touché” l’adversaire. La différence réside dans ce que l’arbitre perçoit comme une frappe décisive, un coup qui, s’il était porté avec un sabre réel, mettrait fin au combat. C’est une question de force juste, d’angle correct et de synchronisation impeccable. Si votre corps n’est pas en ligne avec votre sabre, si votre hanche n’a pas pivoté comme il faut, le coup perdra sa puissance et son tranchant. Un arbitre expérimenté peut sentir cette différence presque intuitivement. Il ne s’agit pas de taper fort, mais de taper juste, avec la bonne intention et la bonne technique. Cela demande une maîtrise incroyable, et c’est ce qui rend l’entraînement si stimulant : toujours chercher cette perfection dans chaque mouvement. C’est une quête sans fin, mais c’est aussi ce qui rend notre passion si riche.
Quand le Corps et l’Esprit Parlent : L’Harmonie Nécessaire
La Posture Après la Frappe : Le Témoignage du *Zanshin*
Après chaque attaque, l’arbitre observe méticuleusement ce que l’on appelle le zanshin. Ce n’est pas juste rester en garde, c’est bien plus profond. C’est une attitude de vigilance, de disponibilité mentale et physique, qui prouve que votre esprit est toujours connecté, prêt à réagir à une éventuelle contre-attaque. J’ai personnellement appris à quel point le zanshin est crucial le jour où, après un kote que je pensais parfait, l’arbitre a secoué la tête. Mon corps était resté figé, mon regard s’était perdu. C’était un coup “mort”. Mon sensei m’a expliqué que le zanshin montre que l’attaque était intentionnelle et contrôlée, et non pas un coup de chance. Il faut maintenir une posture de combat, les yeux fixés sur l’adversaire, même après avoir touché. C’est la preuve que l’attaque a été menée avec une détermination totale, et que vous êtes prêt à continuer le combat si nécessaire. C’est une dimension souvent sous-estimée par les débutants, mais elle est fondamentale pour la validité d’un ippon. C’est la signature d’un kenshi expérimenté et confiant.
L’Équilibre et la Fluidité : Les Bases Invisibles
L’équilibre du corps avant, pendant et après la frappe est également un facteur déterminant. Un arbitre observera si votre position est stable, si vos mouvements sont fluides et si vous ne perdez pas votre centre de gravité. Un coup porté avec un déséquilibre, même s’il touche, manquera de la force et de l’intention nécessaires pour être validé. Il m’est arrivé de voir des kenshi, dans leur élan, basculer légèrement ou reculer après une attaque. Ces petits détails, invisibles pour un œil non averti, sont des drapeaux rouges pour l’arbitre. La fluidité du mouvement est tout aussi importante : une attaque hésitante, saccadée, manquera de la continuité et de la conviction requises. Le Kendo, c’est une danse, où chaque pas, chaque déplacement, chaque pivot doit s’enchaîner harmonieusement. C’est pourquoi on passe tant d’heures à perfectionner notre ashi-sabaki (déplacement des pieds) et notre posture. Un corps bien ancré et un mouvement harmonieux sont les fondations invisibles sur lesquelles repose un ippon incontestable. C’est une leçon que je continue d’intégrer dans ma propre pratique.
L’Œil Aiguisé : Pourquoi Deux Arbitres Ne Voient Pas Toujours la Même Chose
La Subjectivité Inévitable : L’Humain Derrière le Jugement
Alors, parlons-en, car c’est une question que l’on se pose tous : pourquoi les arbitres ne sont-ils pas toujours d’accord ? Honnêtement, c’est un peu le lot de tout sport jugé par des humains. Chaque arbitre, malgré des années de formation et d’expérience, apporte sa propre perception, son propre “œil” à la décision. Ce n’est pas de la partialité, mais une nuance de perception. Un arbitre peut avoir été particulièrement attentif au kiai, tandis qu’un autre aura focalisé sur le zanshin. Les règles sont claires, oui, mais leur application est interprétée par un cerveau humain, en une fraction de seconde, sous la pression de la compétition. J’ai eu l’occasion de discuter avec des arbitres de haut niveau après des compétitions, et ils admettent eux-mêmes que certaines décisions sont extrêmement difficiles. C’est pourquoi il y a toujours trois arbitres : pour avoir différentes perspectives et pour que la décision finale soit le fruit d’un consensus. C’est ce qui fait la richesse mais aussi la difficulté de l’arbitrage en Kendo. Et en tant que pratiquants, cela nous apprend aussi l’humilité et la capacité à accepter les décisions, même si elles nous semblent injustes sur le moment. Il faut se rappeler que les arbitres sont aussi des kenshi passionnés qui donnent de leur temps pour faire vivre notre sport.
Le Poids de l’Expérience et de l’Observation
L’expérience d’un arbitre joue un rôle colossal. Un arbitre chevronné aura développé une sorte de sixième sens, une capacité à anticiper et à décrypter les intentions des combattants avant même que le coup ne soit porté. Il peut percevoir les failles, les ouvertures, les hésitations qui nous échappent. Les arbitres seniors, ceux que l’on voit aux championnats nationaux ou internationaux, ont souvent des décennies de pratique derrière eux. Ils ont eux-mêmes été jugés, ils ont eux-mêmes arbitré des centaines, voire des milliers de combats. Cette immersion totale leur confère une compréhension intime des dynamiques du Kendo. C’est pourquoi, même si deux arbitres peuvent ne pas être d’accord sur un ippon spécifique, la majorité des décisions sont cohérentes grâce à cette base d’expérience partagée et aux formations continues. Cela nous rappelle l’importance de la pratique assidue, car c’est en pratiquant que l’on commence à comprendre les subtilités du jugement. On apprend à voir le Kendo différemment, avec un œil plus aiguisé, en comprenant ce que l’arbitre cherche à percevoir.
Les Petits Détails qui Font Toute la Différence : L’Art de la Subtilité

La Cohérence de l’Attaque : Le Fil Conducteur
Ce que j’ai réalisé au fil des ans, c’est que l’arbitre ne juge pas seulement un instantané, mais une séquence. Une attaque valide ne sort pas de nulle part. Elle est souvent le point culminant d’une série de mouvements, d’une pression exercée, d’une opportunité créée. Si l’attaque est isolée, sans préparation ou sans continuité, elle aura moins de chance d’être validée. C’est une question de cohérence. L’arbitre observe si le kenshi a “bâti” son attaque, s’il a créé l’ouverture, s’il a maintenu la pression. J’ai souvent eu cette mauvaise habitude de me jeter sur l’adversaire en espérant un coup de chance. Mais un coup de chance est rarement un ippon. Les arbitres sont capables de distinguer une attaque intentionnelle et bien construite d’un simple mouvement désordonné. C’est pourquoi nos sensei insistent tant sur le travail des bases, de la posture, de la distance, car tout cela contribue à la “légitimité” de notre attaque aux yeux du jugement. Cela montre que chaque détail compte et que le Kendo est un art de la stratégie autant que de la technique.
Le Moment Clé : Quand l’Opportunité se Révèle
La synchronisation est absolument capitale. Un ippon est souvent porté au moment précis où l’adversaire présente une ouverture, que ce soit par une hésitation, un mouvement déséquilibré, ou un relâchement de sa concentration. L’arbitre est attentif à ce moment clé, à cette fraction de seconde où l’opportunité est saisie. J’ai vu des attaques techniquement parfaites être ignorées parce qu’elles n’étaient pas portées au bon moment, ou au contraire, des attaques moins “orthodoxes” être validées parce qu’elles capitalisaient sur une faille béante de l’adversaire. C’est une question de maai (distance) et de sutemi (abandon de soi). L’arbitre cherche à voir cette prise de risque calculée, cette capacité à exploiter l’instant opportun. C’est une des compétences les plus difficiles à maîtriser en Kendo, et celle qui distingue les grands combattants. C’est en observant des milliers de combats que les arbitres développent cette intuition pour le “bon timing” et la bonne opportunité. Et c’est un enseignement précieux pour nous aussi, en tant que pratiquants : être toujours à l’affût, toujours prêt à saisir l’occasion.
| Critère | Ce que l’arbitre cherche | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Ki-Ken-Tai-Ichi (Unité) | Harmonie entre l’esprit, le sabre et le corps dans l’attaque. | Indique une attaque complète, intentionnelle et puissante. Sans cette unité, le coup est considéré comme insuffisant. |
| Datotsu (Impact) | Frappe précise avec la bonne partie du Shinai sur une zone valide. | La technique de frappe doit être correcte pour causer un dommage réel avec un sabre ; pas seulement toucher, mais frapper avec tranchant. |
| Kiai (Cri) | Expression forte et sincère de l’énergie et de la détermination. | Démontre l’engagement total du combattant, son esprit combatif et sa concentration. Un Kiai faible dénote une intention hésitante. |
| Zanshin (Vigilance) | Post-attaque : maintien de la garde, de l’équilibre et de la vigilance. | Prouve que l’attaque était contrôlée, que le combattant est prêt à poursuivre le combat ou à se défendre d’une contre-attaque. |
| Maai (Distance) | Gestion correcte de la distance avant et pendant l’attaque. | Une bonne distance permet une attaque efficace et le contrôle de l’adversaire. Une mauvaise distance peut rendre l’attaque inefficace. |
Le Frisson de l’Attente : Ce qui Se Passe Après le Jugement
Le Rituel de la Décision : Comprendre les Drapeaux
Après un échange intense, ce moment de silence où les trois arbitres lèvent leurs drapeaux est toujours chargé d’émotion. C’est une seconde qui semble durer une éternité ! Deux drapeaux de la même couleur (rouge ou blanc, selon le côté du combattant) signifient un ippon validé. Un seul drapeau, ou des drapeaux de couleurs différentes, signifie que le point n’est pas accordé. Ce rituel, vous le savez, n’est pas arbitraire. Il est le fruit d’une concertation silencieuse, où chaque arbitre a interprété ce qu’il a vu et ressenti. Parfois, même avec trois arbitres, la décision peut être difficile, menant à un yame (arrêt) et une brève discussion entre eux. Cela montre la complexité de leur tâche. J’ai appris à respirer pendant ces moments d’attente, à me préparer mentalement à n’importe quelle issue. C’est aussi une part de l’apprentissage du Kendo : accepter l’incertitude et se remettre en question, quelle que soit la décision. C’est une épreuve d’humilité à chaque fois.
Quand le Doute Persiste : La Réunion des Arbitres
Il arrive, même si c’est rare, que les arbitres aient besoin de se consulter plus longuement. Dans ces cas-là, ils se regroupent au centre du shiaijo pour discuter. C’est souvent quand un coup est à la limite de la validité, ou qu’une action particulière nécessite une interprétation plus approfondie des règles. Ces discussions, bien que frustrantes pour les combattants et le public car elles ralentissent le rythme, sont essentielles pour garantir l’équité. Elles montrent que les arbitres prennent leur rôle très au sérieux et qu’ils sont déterminés à rendre la décision la plus juste possible. J’ai souvent imaginé ce qu’ils se disaient, les arguments qu’ils échangeaient. C’est un processus fascinant qui met en lumière la rigueur et l’intégrité de l’arbitrage en Kendo. Et en tant que pratiquants, cela nous rappelle l’importance de rendre nos attaques aussi claires et incontestables que possible, afin de ne laisser aucune place au doute dans l’esprit des juges. Moins il y a de confusion, plus le Kendo est pur.
De l’Erreur au Progrès : Quand les Décisions Nous Enseignent
Accepter et Apprendre : La Voie du Kenshi
Avouons-le, on a tous râlé au moins une fois contre une décision arbitrale ! Moi la première, je l’ai déjà dit. Mais avec le temps, j’ai appris que chaque décision, qu’elle nous soit favorable ou non, est une opportunité d’apprendre. Si un ippon n’est pas accordé, au lieu de me fâcher, j’essaie maintenant de me demander : “Qu’est-ce qui manquait ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mieux ?” C’est une introspection précieuse. C’est parfois la force de mon kiai, parfois mon zanshin qui était absent, ou bien la précision de ma frappe. Chaque “non-ippon” est une leçon qui nous pousse à affiner notre technique, à renforcer notre esprit, à être plus conscient de chaque détail. C’est ça aussi, le chemin du Kendo : ne jamais cesser de s’améliorer, de chercher la perfection dans l’imperfection. Les arbitres sont, d’une certaine manière, nos meilleurs professeurs en compétition, car leurs jugements nous donnent un retour objectif sur notre pratique. Ils nous montrent ce que nous devons travailler pour atteindre ce niveau de clarté et de conviction dans nos attaques.
Utiliser les Retours pour Évoluer : Mon Carnet de Bord
Personnellement, après chaque compétition ou même après des entraînements jugés, je prends des notes. Je me remémore les moments clés, les coups qui n’ont pas été validés, et j’essaie de comprendre pourquoi. Je discute avec mon sensei, avec d’autres kenshi plus expérimentés, et parfois même, si l’occasion se présente, avec les arbitres eux-mêmes (toujours avec respect, bien sûr !). C’est une mine d’informations ! J’ai un petit carnet de bord où je consigne ces observations, et je m’en sers pour orienter mes entraînements futurs. Par exemple, si je constate que mes kote ne sont pas souvent validés, je vais me concentrer sur la rapidité de mon seme (pression) et la précision de mon datotsu-bu sur cette cible. Si mon men manque d’efficacité, je travaillerai mon fumikomi et mon kiai. C’est une approche proactive qui transforme la frustration en moteur de progrès. Et c’est ce que j’encourage chacun d’entre vous à faire : utilisez les jugements pour devenir un meilleur kenshi. Chaque décision arbitrale est un miroir tendu sur notre propre pratique, une invitation à nous dépasser.
En guise de conclusion
Voilà, mes chers amis kenshi, nous arrivons au terme de notre exploration du shinpan. J’espère que cette plongée dans les coulisses de l’arbitrage vous aura apporté une nouvelle perspective sur notre art. Comprendre le rôle crucial des arbitres, c’est aussi mieux comprendre l’essence même du Kendo, ses exigences et ses subtilités. Chaque décision, qu’elle nous plaise ou non, est une invitation à progresser, à affiner notre technique et notre esprit. C’est un voyage sans fin, une quête de la perfection où chaque détail compte. N’oubliez jamais que l’arbitre n’est pas un adversaire, mais un guide silencieux qui nous aide, par son regard expert, à percevoir ce qui nous manque pour atteindre l’ippon parfait. C’est en embrassant cette dynamique que nous grandissons, non seulement en tant que kenshi, mais aussi en tant qu’individus.
Quelques conseils pratiques à retenir
1. Observez attentivement les combats arbitrés : Regardez comment les arbitres réagissent à différents types d’attaques. Quels sont les coups validés ? Ceux qui ne le sont pas ? Essayez de déchiffrer ce qui fait la différence. Cela aiguisera votre propre “œil” et vous aidera à mieux comprendre les critères de jugement. C’est un excellent moyen d’apprendre sans même avoir à mettre le bogu. Prenez des notes, c’est ce que je fais !
2. Travaillez votre Zanshin avec une intention claire : Le Zanshin n’est pas une simple pose. C’est la persistance de l’esprit combatif. Après chaque attaque, assurez-vous de maintenir votre garde, votre équilibre et votre regard, prêt à réagir. Imaginez que l’adversaire va contre-attaquer immédiatement, même après votre coup. Cette mentalité changera radicalement la perception de vos attaques.
3. Ne sous-estimez jamais l’importance du Kiai : Un Kiai puissant, sincère et venant du ventre n’est pas juste un cri. C’est une extension de votre Ki, une démonstration de votre engagement total. Entraînez-vous à projeter votre voix avec force et conviction. Un bon Kiai peut vraiment “vendre” votre attaque à l’arbitre et lui montrer que vous y mettez tout votre cœur.
4. Filmez-vous pendant les entraînements ou les shiaï : C’est un conseil que je donne souvent ! Se voir de l’extérieur est incroyablement instructif. Vous pourrez identifier les failles dans votre technique, votre posture, ou même l’absence de certains éléments essentiels comme le Zanshin. C’est parfois difficile de regarder ses propres erreurs, mais c’est une étape cruciale pour progresser.
5. Discutez avec votre Sensei et les arbitres (après le combat !) : Votre Sensei est une mine d’or d’informations. N’hésitez pas à lui demander son avis sur vos performances. Et si l’occasion se présente, approchez les arbitres après une compétition (toujours avec respect et au bon moment) pour poser des questions constructives sur une décision. Leurs retours sont précieux pour votre développement.
L’essentiel à retenir
En Kendo, un ippon n’est jamais le fruit du hasard, mais la somme d’éléments techniques et spirituels parfaitement synchronisés, le fameux ki-ken-tai-ichi. L’arbitre, loin d’être un simple spectateur, est un expert qui décode l’intention, la justesse de l’impact, la puissance du kiai et la vigilance post-attaque (zanshin). Chaque décision arbitrale, qu’elle soit pour ou contre nous, est une opportunité inestimable d’introspection et de progression. Elle nous pousse à affiner notre pratique, à comprendre ce qui manque à nos attaques pour les rendre irréfutables et évidentes. Accepter ces jugements avec humilité et les utiliser comme levier pour notre évolution est la marque d’un kenshi accompli, toujours en quête d’excellence et de sincérité dans sa voie. C’est une belle leçon de vie, n’est-ce pas ?
Questions Fréquemment Posées (FAQ) 📖
Q: Quels sont les critères précis qu’un arbitre recherche pour accorder un ippon valide, car parfois j’ai l’impression de toucher parfaitement mais ça ne compte pas ?
R: Ah, la question que tous les kendokas se posent à un moment ou un autre ! C’est vrai que de l’extérieur, un coup peut sembler parfait, mais l’arbitre voit tellement plus.
Pour qu’un ippon soit validé, il ne suffit pas de toucher ; il faut une harmonie presque magique, ce que nous appelons le “Ki Ken Tai no Ichi” – l’esprit, le sabre et le corps ne font qu’un.
Personnellement, j’ai mis des années à comprendre toutes les subtilités. L’arbitre va d’abord chercher la “frappe juste” : un coup porté avec la bonne partie du sabre (le datotsu-bu), sur une cible valide (comme le men, kote, do ou tsuki).
Mais ce n’est pas tout ! Il faut que la frappe soit effectuée avec une énergie et une intention palpables, ce fameux “Ki”, accompagné d’un kiai puissant et clair qui montre votre détermination.
Le corps doit suivre le mouvement avec une posture correcte et un fumikomi (frappe du pied) qui renforce l’impact et la décision. Et le plus important, ce petit quelque chose qui fait toute la différence : le zanshin.
C’est cette vigilance, cette attitude de continuation, ce prêt-à-réagir immédiatement après le coup, qui prouve que vous contrôlez la situation et que votre coup n’était pas un simple hasard.
Sans un zanshin convaincant, même le plus beau des coups peut être annulé. C’est une danse complexe où chaque élément doit être en parfaite synchronisation !
Q: J’ai souvent l’impression que les décisions arbitrales sont subjectives. Comment les arbitres peuvent-ils juger si vite et avec équité, malgré la rapidité de l’action ?
R: C’est une excellente observation et je comprends parfaitement ce sentiment ! J’ai moi-même eu des moments de frustration où mes ippons semblaient limpides à mes yeux, mais ne l’étaient pas pour les arbitres.
La vérité, c’est que l’arbitrage est un art en soi, loin d’être purement subjectif, même si l’interprétation humaine est toujours présente. Les arbitres que nous voyons sont des kendokas très expérimentés, ayant souvent des décennies de pratique et un niveau technique élevé.
Ils suivent des formations rigoureuses, passent des examens spécifiques et arbitrent d’innombrables combats. Leur capacité à juger si vite vient de leur “œil entraîné” – ils sont capables de percevoir instantanément des détails que nous, en tant que combattants focalisés sur notre propre action, manquons.
Par exemple, ils peuvent voir un léger déséquilibre dans notre posture juste avant l’impact, un kiai qui manque de conviction, ou un zanshin qui s’est éteint trop tôt.
Ils évaluent l’ensemble de l’action, pas seulement le point de contact. Ce n’est pas une question de “coup de chance”, mais une analyse holistique du moment.
Personnellement, en discutant avec des arbitres après des compétitions, j’ai compris à quel point ils observent la totalité de l’engagement, de la garde initiale à la fin du mouvement, et c’est cette vision d’ensemble qui guide leur décision vers l’équité.
Q: En tant que pratiquant, quelles sont les astuces pour rendre mes ippons plus clairs et incontestables aux yeux des arbitres, et ainsi améliorer mon kendo global ?
R: C’est une question très pertinente, car travailler sur la clarté de vos ippons ne fait pas que vous aider en compétition, ça améliore fondamentalement votre kendo !
Moi, ce que j’ai trouvé le plus efficace, c’est de me concentrer sur l’intention. Ne frappez pas juste pour toucher, mais frappez avec la ferme intention de “tuer” l’adversaire en un seul coup.
Cela se traduit par un kiai qui vient des entrailles, un fumikomi puissant et résonnant, et une frappe qui traverse réellement votre cible, comme si vous vouliez aller au-delà.
Travailler votre zanshin est aussi primordial. Après chaque frappe, ne vous relâchez jamais ! Maintenez votre garde, votre regard, et soyez prêt à enchaîner ou à défendre.
Pour moi, une technique qui a changé ma perception, c’est de filmer mes entraînements et de me regarder avec l’œil d’un arbitre : est-ce que mon kiai est clair ?
Est-ce que mon corps est bien aligné ? Est-ce que mon zanshin est là ? Demandez aussi à vos sensei ou à des pratiquants plus expérimentés de vous donner un feedback spécifique sur la clarté de vos frappes.
Leurs conseils sont inestimables. Enfin, n’oubliez pas que la base, c’est la répétition intelligente : chaque suburi, chaque kihon, doit être fait avec cette intention de perfectionner le “Ki Ken Tai no Ichi”.
Quand vous intégrez ces éléments, vos ippons ne seront plus questionnés, ils s’imposeront naturellement !





