Ah, le Kendo ! Quelle discipline fascinante, n’est-ce pas ? On commence par apprendre les bases, les frappes fondamentales, et puis, un jour, on se retrouve face à un partenaire de combat en shiai.

C’est là que la magie opère, mais aussi, avouons-le, une certaine dose de frustration peut pointer le bout de son nez. J’ai personnellement expérimenté ces moments où, malgré toute ma technique, mes attaques semblaient tomber à plat, ou pire, se transformaient en ouvertures inattendues pour mon adversaire.
Cela m’a poussé à me pencher non seulement sur l’exécution pure des techniques, mais surtout sur l’art subtil et profondément engageant de la stratégie de combat.
Au fil des années et des innombrables shiai, j’ai découvert que le Kendo est bien plus qu’une simple démonstration de force ou de vitesse. C’est une véritable partie d’échecs mentale où chaque mouvement, chaque intention, chaque souffle, compte énormément.
Comprendre l’adversaire, anticiper ses réactions, créer des opportunités là où il n’y en a pas, et même parfois, le dérouter, voilà ce qui fait toute la différence entre un bon kendoka et un kendoka qui maîtrise l’art de la victoire.
Si vous aussi, vous avez ce sentiment que quelque chose d’essentiel vous échappe encore sur le shiai-jo, si vous rêvez de maîtriser cet aspect crucial du Kendo pour prendre le dessus, alors vous êtes au bon endroit.
Préparons-nous ensemble à affûter notre esprit et nos tactiques. Je suis vraiment impatient de partager avec vous les clés que j’ai rassemblées, celles qui m’ont personnellement permis de transformer ma pratique et d’aborder chaque combat avec une nouvelle perspective.
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L’Art Subtil de la Distance : Maîtriser le Maai pour Dominer le Shiai
Ah, le Maai ! C’est ce concept si fondamental en Kendo, souvent traduit simplement par « distance », mais qui est en réalité un univers à part entière, bien plus complexe et vivant qu’il n’y paraît.
Dans mes années de pratique, j’ai souvent entendu dire que le Maai, c’est la distance idéale entre vous et votre adversaire pour pouvoir attaquer efficacement tout en vous protégeant.
Mais honnêtement, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le Maai, c’est aussi le temps nécessaire pour couvrir cette distance, l’angle d’attaque, le rythme de votre mouvement… C’est une danse constante, une négociation silencieuse avec votre adversaire.
J’ai longtemps lutté avec ce concept, me sentant soit trop loin, soit trop près, et mes frappes manquaient cruellement de puissance ou d’opportunité. Ce n’est qu’en observant des kendokas plus expérimentés, en lisant énormément et surtout en expérimentant sans cesse sur le shiai-jo que j’ai commencé à en saisir la profondeur.
Pour moi, comprendre le Maai, c’est un peu comme apprendre à lire dans les pensées de l’autre, à sentir son intention avant même qu’elle ne se manifeste physiquement.
C’est un voyage passionnant vers une compréhension plus profonde du Kendo lui-même. C’est vraiment la première clé pour déverrouiller une stratégie de combat plus aboutie.
On peut avoir la technique la plus parfaite du monde, si notre Maai est défaillant, l’ippon ne viendra jamais. C’est une leçon que j’ai apprise à mes dépens, et qui m’a poussé à étudier chaque détail de cette interaction invisible mais si puissante.
Déchiffrer les Signaux et Anticiper
Imaginez-vous face à votre adversaire. Son shinai tremble-t-il légèrement ? Ses pieds sont-ils ancrés ou prêts à bondir ?
Son regard est-il fixe ou balayant ? Tous ces détails, aussi infimes soient-ils, sont des indices précieux sur son intention. J’ai personnellement développé l’habitude d’observer attentivement la respiration de mon opposant.
Est-elle courte et rapide, signe d’une attaque imminente ? Ou au contraire, longue et profonde, indiquant une phase d’attente ? Au début, je trouvais cela difficile, presque intimidant de fixer quelqu’un d’aussi près.
Mais avec le temps, c’est devenu une seconde nature. Mon expérience m’a appris que souvent, juste avant une attaque, l’adversaire aura une micro-hésitation, un infime changement de poids.
C’est là, dans cette fraction de seconde, que se trouve l’opportunité de lancer un Debana-waza, cette attaque éclair qui fauche l’intention avant qu’elle ne prenne forme.
Il faut être incroyablement attentif, presque en symbiose avec l’autre pour capter ces signaux. C’est un jeu d’échecs psychologique intense où la perception prime sur la vitesse pure.
Adapter son Maai à Chaque Adversaire
Ce qui est fascinant avec le Maai, c’est qu’il n’est jamais figé. Il change constamment, non seulement en fonction de l’instant, mais surtout en fonction de l’adversaire.
Face à un kendoka très rapide, mon Maai aura tendance à s’allonger légèrement pour me donner plus de temps de réaction. À l’inverse, contre quelqu’un de plus lent ou hésitant, je réduirai la distance pour l’étouffer et ne pas lui laisser le temps de construire son attaque.
J’ai un souvenir très précis d’un shiai où j’ai dû affronter un adversaire beaucoup plus grand que moi. Mon Maai habituel ne fonctionnait absolument pas !
Il me laissait à portée de ses frappes sans que je puisse l’atteindre. J’ai dû, en plein combat, ajuster, expérimenter, et finalement trouver un Maai beaucoup plus rapproché, presque en tsubazeriai, pour pouvoir trouver mes ouvertures.
C’est ce qui rend le Kendo si riche : il n’y a pas de recette unique, mais une adaptation constante, une intelligence situationnelle à développer. C’est un apprentissage sans fin, et c’est ce qui le rend si passionnant.
| Type de Maai | Caractéristiques | Stratégie Recommandée | Exemple Personnel |
|---|---|---|---|
| Tô-ma (Longue distance) | Espace où une attaque directe est difficile sans un grand déplacement. L’adversaire est hors de portée. | Créer la pression (Seme) pour provoquer une réaction, puis attaquer sur le Debana. Utiliser des techniques d’engagement comme le Tsugi Ashi. | Contre un grand kendoka, je maintenais ce Maai pour l’observer, puis je réduisais rapidement la distance sur son mouvement le plus infime pour le surprendre avec un Kote-Men. |
| Issoku Ittô No Maai (Une enjambée, une coupe) | Distance idéale pour lancer une attaque en un seul pas. Les shinais se touchent presque. | Attaquer dès l’intention adverse perçue (Debana), ou créer une ouverture par des Harai ou Osae-waza. | C’est mon Maai de prédilection. Je me souviens d’un shiai où, sentant mon adversaire hésiter, j’ai lancé un Men droit au moment précis où son pied s’ancrait, avant qu’il ne puisse réagir. |
| Chika-ma (Courte distance) | Distance très rapprochée, souvent en Tsubazeriai. Les attaques directes sont limitées. | Utiliser des techniques de Hiki-waza (attaques en reculant) ou des déstabilisations pour créer de l’espace. Gérer le Tsubazeriai intelligemment. | Lorsqu’un adversaire me poussait trop, je reculais en Hiki-Do pour briser son élan et marquer. C’est une question de timing et de force intérieure. |
L’Art de la Pression Mentale : Le Seme et la Déstabilisation
Le Kendo, ce n’est pas seulement frapper fort et vite. C’est aussi, et peut-être surtout, un combat psychologique. Le Seme (攻め), cette pression constante que l’on exerce sur l’adversaire, est un outil redoutable.
Ce n’est pas une attaque physique, mais une intention si forte, une énergie si palpable, qu’elle pousse l’autre à réagir, à se découvrir. C’est un peu comme une vague qui monte : elle n’a pas encore frappé, mais on sent déjà sa puissance et on se prépare à son impact.
J’ai mis du temps à comprendre la véritable nature du Seme. Au début, je pensais qu’il fallait bouger agressivement, crier fort, mais j’ai réalisé que la véritable pression vient de l’intérieur, d’une confiance inébranlable et d’une volonté farouche de prendre le centre.
J’ai eu la chance d’observer des sensei qui, sans un mouvement excessif, pouvaient faire reculer un adversaire juste par leur présence, par l’intensité de leur regard et la stabilité de leur kamae.
C’est une leçon d’humilité à chaque fois. J’ai expérimenté que quand mon Seme était fort, les ouvertures venaient naturellement, comme par magie. L’adversaire, sous pression, cherchait à rompre le contact, à fuir cette sensation d’étouffement, et c’est là que mes techniques prenaient tout leur sens.
C’est un sentiment incroyable de maîtriser cet aspect du combat, car il permet de contrôler le rythme et les opportunités sans même avoir à frapper. C’est l’essence même de la stratégie en Kendo.
Provoquer l’Ouverture par l’Intention
Le Seme n’est pas qu’une simple intimidation ; c’est une provocation calculée. L’objectif est de pousser l’adversaire à réagir d’une manière prévisible, créant ainsi une ouverture que l’on pourra exploiter.
J’utilise souvent une légère avancée du corps, un décalage du shinai, ou un simple Kiai un peu plus soutenu pour sonder la réaction de l’autre. J’ai remarqué que beaucoup de kendokas, sous l’effet du Seme, ont tendance à lever leur garde pour se protéger le Men, exposant ainsi leur Kote ou leur Do.
C’est à ce moment précis qu’il faut être prêt à fondre sur la cible. Une fois, j’ai affronté un adversaire très défensif, difficile à toucher. J’ai décidé de maintenir une pression constante, sans attaquer, juste en avançant lentement mon pied avant et en fixant son Men.
Au bout d’un moment, il a commencé à reculer, ses épaules se sont légèrement baissées. C’était l’ouverture ! Un Kote fulgurant a mis fin au combat.
Cette expérience m’a vraiment fait comprendre la puissance de la patience et de l’intention.
Briser le Rythme et la Confusion
Un autre aspect crucial de la déstabilisation est de briser le rythme de l’adversaire. Les kendokas ont souvent un rythme de combat préféré, et les sortir de cette zone de confort peut les rendre vulnérables.
Personnellement, j’aime varier mes attaques : tantôt rapide et explosive, tantôt lente et insidieuse. Parfois, je m’arrête un instant au milieu d’un déplacement, juste pour voir comment l’autre réagit.
J’ai constaté que cela les force à réinitialiser leur propre rythme, et souvent, ils perdent le fil de leur stratégie. Une fois, un ami m’a dit : “Tu es comme un caméléon, on ne sait jamais à quoi s’attendre avec toi.” C’était le plus beau compliment qu’il pouvait me faire !
C’est exactement l’objectif : créer l’incertitude, la confusion. On peut aussi utiliser des feintes (mise-waza) pour tromper l’adversaire, faire semblant d’attaquer une cible pour en toucher une autre.
Ces techniques ne sont pas là pour marquer directement, mais pour “planter une graine” dans l’esprit de l’adversaire, le rendre hésitant, le faire douter de ses propres réactions.
Le Zanshin : L’Esprit qui Demeure et la Vigilance Absolue
Ah, le Zanshin ! C’est une notion que j’adore, et qui dépasse largement le cadre du Kendo. On le traduit souvent par « l’esprit qui demeure » ou « vigilance continue », et c’est exactement ça.
Pour un kendoka, cela signifie rester alerte et prêt à réagir après une attaque, qu’elle ait été réussie ou non. Ce n’est pas juste une question de posture physique, c’est un état d’esprit, une présence totale.
J’ai vu des combats où des ippons valables n’étaient pas accordés parce que le kendoka, après avoir frappé, se détendait, baissait sa garde, ou se retournait prématurément.
C’est une erreur que j’ai commise moi-même à mes débuts, pensant que le point était acquis. Mais en Kendo, le combat ne s’arrête que lorsque l’arbitre le décide.
Le Zanshin, c’est cette persévérance mentale qui assure que vous avez bien maîtrisé votre action et que vous êtes prêt à parer toute contre-attaque inattendue.
C’est aussi une forme de respect envers l’adversaire : lui montrer que même après avoir frappé, vous restez un adversaire vigilant et dangereux. Cette vigilance ne se limite pas à l’après-frappe ; elle doit être là avant, pendant et après chaque action.
C’est un entraînement constant de l’esprit, qui développe une conscience aigüe de tout ce qui se passe autour de soi, et non seulement sur le shiai-jo, mais aussi dans la vie de tous les jours.
C’est une des plus belles leçons du Kendo.
Zanshin Offensif et Défensif
Le Zanshin n’est pas seulement une attitude défensive. Bien sûr, il assure que vous ne subirez pas de contre-attaque inattendue. Mais il peut aussi être une forme de Seme, une pression continue sur l’adversaire.
En maintenant un Zanshin impeccable, vous lui signalez que même si vous venez de frapper, vous êtes toujours une menace, et que toute tentative de contre-attaque de sa part sera probablement vaine.
J’ai remarqué que lorsque mon Zanshin est fort, l’adversaire hésite beaucoup plus à répliquer. Il voit que je suis déjà en position de le frapper à nouveau si besoin.
C’est une dissuasion mentale très efficace. C’est un peu comme jouer une partie de poker où l’on montre une main forte, même si l’on ne l’a pas forcément.
Mais avec le Zanshin, c’est une force réelle, une intention qui transcende la simple technique. C’est une manière d’affirmer sa maîtrise et sa présence, de ne laisser aucun doute sur sa détermination.
C’est ce qui fait la différence entre un bon coup et un ippon validé.
Intégrer le Zanshin au Quotidien
L’apprentissage du Zanshin ne se limite pas au dojo. J’ai réalisé au fil des ans que cette notion pouvait transformer ma vie quotidienne. Être “Zanshin” dans mes activités de tous les jours, c’est être pleinement présent, attentif à chaque tâche, du début à la fin.
Par exemple, quand je rédige un article pour ce blog, je m’assure de relire attentivement, de vérifier chaque détail, de ne pas me précipiter. C’est l’esprit du Zanshin appliqué à l’écriture.
J’ai découvert que cette approche rendait mes actions plus efficaces et réduisait les erreurs. C’est un état de conscience qui permet de rester calme et concentré, même face aux imprévus.
Et c’est cette intégration du Kendo dans ma vie qui me permet, je crois, d’être un meilleur kendoka, car l’esprit et le corps sont liés, et ce que l’on cultive en dehors du dojo se reflète inévitablement dans notre pratique.
C’est un enrichissement mutuel.
L’Offense Calculée : Créer des Opportunités, ne Pas les Attendre
En Kendo, attendre que l’adversaire fasse une erreur est une stratégie passive qui vous mettra rarement en position de gagner. Il faut être proactif, créer ses propres opportunités.
C’est une des leçons les plus importantes que j’ai apprises. Au début, j’étais souvent dans l’attente, espérant une ouverture. Mais j’ai vite compris que les meilleurs kendokas ne réagissent pas, ils agissent et forcent l’adversaire à réagir.
L’offense calculée, c’est l’art de manipuler l’espace et le temps pour se créer une fenêtre d’attaque. Cela peut passer par des techniques de Seme, comme nous l’avons vu, mais aussi par des mouvements de provocation, des feintes, des changements de rythme.
L’objectif est de dérouter l’adversaire, de le sortir de son équilibre mental et physique. C’est une forme de ruse, mais une ruse honorable, qui utilise la compréhension de la psychologie humaine pour prendre l’avantage.
J’ai eu la chance de m’entraîner avec un sensei qui était un maître en la matière. Il semblait toujours savoir exactement ce que j’allais faire, et il me contrait avant même que je n’aie terminé mon mouvement.
C’était frustrant, mais tellement instructif ! Il m’a appris que le secret est de toujours avoir un coup d’avance, de penser à deux ou trois mouvements à l’avance, comme aux échecs.
Les Pièges du Décalage et des Feintes
Les feintes, ou “mise-waza”, sont des outils puissants pour l’offense calculée. Elles ne visent pas à marquer directement, mais à tromper l’adversaire, à le faire réagir de manière inappropriée, créant ainsi une ouverture pour une attaque réelle.
Par exemple, je peux faire semblant d’attaquer le Men en levant légèrement mon shinai, pour ensuite frapper le Kote lorsque l’adversaire monte sa garde.
J’ai souvent utilisé cette technique avec succès contre des adversaires qui avaient une réaction très marquée à l’attaque au Men. Ils montaient systématiquement leur shinai, exposant leur poignet.
C’est un peu comme une invitation à frapper où l’on veut. Le secret, c’est de rendre la feinte suffisamment crédible pour qu’elle provoque une réaction.
Si la feinte est trop faible, l’adversaire ne bougera pas. Si elle est trop forte, il pourrait anticiper et vous contrer. Il faut trouver le juste équilibre, cette nuance subtile qui brouille les pistes.
C’est un art que l’on développe avec l’expérience et une bonne dose d’expérimentation en dojo.
Le Timing Parfait : “Debana” et Opportunité
Le “Debana” (出鼻) est le summum de l’offense calculée. C’est l’art de frapper au moment précis où l’adversaire initie sa propre attaque, avant même qu’il n’ait pu la développer pleinement.
C’est une question de timing impeccable, de perception fine de l’intention de l’autre. J’ai personnellement eu mes plus beaux ippons en Debana-waza. Le sentiment de capter l’intention de l’adversaire, de le frapper au moment où il est le plus vulnérable, c’est indescriptible.
Il faut une concentration extrême, une capacité à lire les micro-mouvements, à sentir la tension qui monte chez l’autre. C’est comme une fulgurance, une explosion de vitesse et de précision.

Pour y arriver, il faut des milliers de répétitions, un entraînement où l’on cherche constamment à anticiper, à réagir non pas à l’action, mais à l’intention.
C’est un peu comme attraper un éclair avec les doigts : extrêmement difficile, mais tellement gratifiant quand on y parvient. C’est la quintessence de la stratégie en Kendo, où la vitesse de l’esprit prime sur la vitesse physique.
La Défense Active : Transformer la Pression en Contre-Attaque
La défense en Kendo ne devrait jamais être passive. Subir les attaques de l’adversaire sans répliquer, c’est se condamner à la défaite. Une bonne défense est une défense active, qui cherche à transformer la pression en opportunité.
C’est une philosophie que j’ai adoptée après de nombreuses défaites où je me sentais écrasé par l’offense de mes adversaires. J’ai réalisé que chaque attaque de l’autre créait une ouverture, même infime, et qu’il fallait être prêt à la saisir.
Les techniques de contre-attaque, ou Oji-waza, sont là pour ça. Elles permettent de parer, d’esquiver, de dévier, et de riposter dans le même mouvement, ou juste après.
C’est un art de la réactivité et de l’adaptation. J’ai appris à ne plus voir les attaques adverses comme des menaces, mais comme des invitations à répliquer.
C’est un changement de mentalité qui a radicalement transformé ma pratique. Il s’agit de rester calme sous la pression, de ne pas paniquer, et de chercher la faille, le moment où l’adversaire se découvre.
C’est souvent dans le moment où il frappe le plus fort qu’il est le plus vulnérable.
Contre-Attaquer avec Audace et Précision
Les Oji-waza sont des techniques magnifiques qui demandent un timing et une précision exceptionnels. Qu’il s’agisse d’un Kaeshi-waza (parer et riposter), d’un Nuki-waza (esquiver et riposter), ou d’un Suriage-waza (monter son shinai pour dévier l’attaque et frapper), chaque technique est une réponse élégante à l’attaque adverse.
J’ai un souvenir marquant d’un shiai où j’ai réussi un Kaeshi-Do parfait. Mon adversaire avait lancé un Men puissant, et au lieu de simplement le bloquer, j’ai dévié son shinai vers l’extérieur et frappé son Do, tout ça dans un mouvement fluide et continu.
L’arbitre a levé le drapeau, et j’ai ressenti une joie immense. Ce n’est pas seulement le point, c’est la satisfaction d’avoir transformé sa force en ma propre opportunité.
Ces techniques demandent des heures de pratique, car la fenêtre de réaction est minuscule. Il faut que le corps réagisse instinctivement, sans que l’esprit n’ait le temps de penser.
C’est une symbiose parfaite entre le physique et le mental.
Utiliser la Garde pour Piéger l’Adversaire
Votre kamae, votre garde, n’est pas seulement une position d’attente ; c’est aussi un piège potentiel. En Kendo, on parle de “Seme par la garde”. En maintenant une garde forte et stable, vous forcez l’adversaire à chercher une ouverture, à s’exposer.
J’ai constaté que certains kendokas ont tendance à “jouer” avec leur garde, à la baisser légèrement pour attirer l’adversaire, avant de remonter leur shinai pour bloquer ou contrer.
C’est une technique risquée, qui demande une grande maîtrise, mais qui peut être redoutablement efficace. Une fois, j’ai affronté un adversaire très agressif qui frappait le Men sans relâche.
J’ai décidé de maintenir une garde Chudan très basse, presque invitante. Il a plongé pour un Men, et au moment où son shinai était à mi-chemin, j’ai remonté le mien et frappé son Kote en “Suriage-Kote”.
Il était tellement surpris ! C’est ce genre de “jeu d’esprit” qui rend le Kendo si fascinant. La garde n’est pas passive ; elle est une partie intégrante de votre stratégie offensive et défensive, un outil pour manipuler la perception et les réactions de votre adversaire.
Cultiver son Kendo Unique : L’Expression de Soi sur le Shiai-jo
Au-delà des techniques et des stratégies, le Kendo est avant tout une voie, un cheminement personnel. Chaque kendoka développe, au fil des années, son propre Kendo, une expression unique de sa personnalité, de ses forces et de ses faiblesses.
C’est ce qui rend chaque combat si particulier, si imprévisible. J’ai toujours encouragé mes élèves à ne pas chercher à copier tel ou tel champion, mais à puiser dans leurs propres ressources pour construire un Kendo qui leur ressemble.
C’est un processus de découverte de soi, où l’on apprend à écouter son corps, son esprit, et à utiliser ses atouts. Pour moi, le Kendo n’est pas juste un sport de combat, c’est une forme d’art, où chaque mouvement est une signature.
J’ai personnellement traversé différentes phases dans ma pratique. Au début, j’étais très axé sur la vitesse, puis sur la puissance. Aujourd’hui, je cherche davantage la fluidité, le contrôle, et l’efficacité dans le mouvement.
C’est une évolution constante, une quête sans fin d’amélioration et de perfectionnement. Le jour où l’on cesse d’apprendre et d’expérimenter, c’est le jour où l’on cesse de progresser.
Le Kendo, c’est une aventure qui dure toute une vie.
Identifier ses Forces et Faiblesses
Pour développer son Kendo unique, il est essentiel de bien se connaître. Quelles sont mes forces ? Est-ce ma vitesse, ma puissance, ma précision, mon Seme ?
Et mes faiblesses ? Est-ce ma patience, ma gestion du stress, ma capacité à réagir sous pression ? J’ai personnellement tenu un carnet de bord de mes shiai et de mes entraînements, où je notais mes réussites et mes échecs.
Cette auto-analyse m’a permis d’identifier des schémas, de comprendre ce qui fonctionnait pour moi et ce qui ne fonctionnait pas. J’ai par exemple réalisé que mon Kote était ma technique la plus efficace, mais que je l’utilisais trop souvent, devenant prévisible.
J’ai donc travaillé à diversifier mes attaques, à intégrer d’autres techniques pour surprendre l’adversaire. C’est un travail honnête sur soi, une introspection constante qui est fondamentale pour progresser.
Il faut être prêt à se remettre en question, à accepter ses erreurs, et à en tirer des leçons.
L’Expérimentation et l’Ajustement Constant
Le dojo est un laboratoire, un endroit où l’on peut expérimenter, essayer de nouvelles choses, sans peur de l’échec. J’ai toujours abordé les jigeiko (entraînements libres) comme des opportunités d’essayer de nouvelles stratégies, de nouvelles techniques.
Je me fixais des objectifs : “aujourd’hui, je vais essayer de ne faire que des Oji-waza”, ou “je vais travailler mon Seme sans attaquer physiquement”.
Cette approche m’a permis de développer un répertoire plus large de techniques et de stratégies. Il ne faut pas avoir peur de sortir de sa zone de confort, d’essayer des choses qui semblent difficiles ou impossibles au début.
C’est en échouant que l’on apprend le plus. Et cette expérimentation ne s’arrête jamais. Même après des années de pratique, je trouve toujours de nouvelles choses à apprendre, de nouvelles façons d’aborder le Kendo.
C’est ce qui rend cette discipline si vivante et si enrichissante. Il faut se donner la permission de jouer, d’explorer, de ne pas être parfait, et c’est souvent là que la magie opère.
La Préparation Mentale : Le Véritable Arme Secrète du Kendoka
Je ne le dirai jamais assez : le Kendo est à 80% mental. On peut avoir la meilleure technique du monde, si l’esprit n’est pas là, la victoire s’envole.
La préparation mentale, ce n’est pas juste être “motivé” ; c’est un entraînement rigoureux de l’esprit, une discipline qui se cultive au quotidien. C’est ce qui permet de gérer le stress du shiai, la pression de la compétition, les doutes qui peuvent surgir.
J’ai personnellement eu des moments où, malgré des heures d’entraînement physique, j’ai craqué mentalement en compétition, perdant des combats que j’aurais dû gagner.
Cela m’a poussé à me pencher sérieusement sur la préparation mentale, à lire des ouvrages, à discuter avec des sportifs de haut niveau. J’ai découvert que les techniques de visualisation, de respiration, d’auto-suggestion sont des outils incroyablement puissants.
Elles permettent de calmer l’esprit, de renforcer la confiance en soi, et de maintenir une concentration optimale. C’est, à mon sens, l’arme secrète des grands champions, celle qui leur permet de performer sous pression et de rester maîtres d’eux-mêmes, quelles que soient les circonstances.
C’est un investissement en temps et en énergie qui rapporte énormément sur le shiai-jo et dans la vie.
Gérer le Stress et Maintenir la Lucidité
Le stress avant et pendant un shiai peut être paralysant. Le cœur s’emballe, les mains transpirent, les pensées s’embrouillent. J’ai appris des techniques de respiration profonde pour calmer mon système nerveux.
Juste quelques respirations lentes et profondes avant d’entrer sur le shiai-jo peuvent faire des merveilles. La visualisation est aussi un outil très puissant.
Avant un combat, je prends quelques instants pour me visualiser en train de réaliser mes techniques favorites avec succès, de sentir la sensation de l’ippon, de ressentir la confiance en moi.
Cela aide à créer des schémas positifs dans l’esprit. Et surtout, j’ai appris à accepter le stress. Il n’est pas un ennemi, mais un signal que quelque chose d’important est sur le point de se produire.
L’objectif n’est pas de l’éliminer, mais de le gérer, de le transformer en une énergie positive, une acuité accrue. C’est une compétence qui se développe avec la pratique et la conscience de soi.
Le Lâcher-Prise pour une Performance Optimale
Paradoxalement, pour bien performer, il faut aussi savoir lâcher-prise. Une fois que l’on a fait tout son entraînement physique et mental, il faut faire confiance à son corps et à son esprit, et se laisser porter par l’instant présent.
Trop vouloir contrôler chaque mouvement, trop penser, peut paralyser l’action. On parle de “Mushin” (無心), l’esprit sans esprit, cet état où l’action se produit naturellement, sans effort conscient.
J’ai eu des shiai où j’étais tellement concentré sur mon adversaire, sur l’instant, que je ne pensais plus à la technique, aux stratégies. Les mouvements venaient d’eux-mêmes, fluides et puissants.
C’est dans ces moments-là que l’on atteint son plein potentiel. Le lâcher-prise, ce n’est pas de l’insouciance ; c’est l’aboutissement d’un entraînement rigoureux qui permet à l’instinct de prendre le relais.
C’est un état de grâce, où le Kendo devient une danse, une expression pure de l’instant. Et c’est cette quête du lâcher-prise qui rend la pratique du Kendo si profondément gratifiante.
Pour conclure ce voyage au cœur du Kendo
Alors, mes chers amis kendokas, voilà un aperçu de ce qui, à mon humble avis, fait la richesse de notre art : cette danse constante entre le Maai, le Seme, le Zanshin, et cette offensive calculée qui ne laisse rien au hasard.
C’est un cheminement qui ne s’arrête jamais, une quête perpétuelle d’amélioration, où chaque combat, chaque entraînement est une leçon. J’espère que ces réflexions vous aideront à affûter votre propre Kendo, à trouver votre voix sur le shiai-jo.
N’oubliez jamais que l’esprit est votre plus grand allié, et que la persévérance est la clé de toutes les victoires, petites ou grandes. Le Kendo est une école de vie, et chaque jour nous offre l’opportunité de devenir une meilleure version de nous-mêmes.
Alors, en garde, et à très vite sur le dojo !
Quelques astuces utiles pour enrichir votre pratique
1. Surveillez la respiration de votre adversaire : C’est un détail souvent négligé mais ô combien révélateur ! Comme je l’ai partagé, la façon dont votre opposant respire peut vous donner des indices précieux sur ses intentions. Une respiration courte et saccadée signale souvent une tension, une attaque imminente, tandis qu’une respiration plus profonde peut indiquer une phase d’attente ou de réflexion. Entraînez-vous à observer cela discrètement, sans fixer, mais en incluant cette perception dans votre vision d’ensemble. C’est un peu comme lire entre les lignes : une fois que vous commencez à le faire, vous découvrez un nouveau niveau de compréhension du combat. Cela m’a personnellement aidé à anticiper de nombreux Debana-waza, car le corps ne ment jamais quand il se prépare à l’effort. C’est une compétence qui se développe avec la pratique et l’observation active, et qui transformera votre capacité à lire le jeu.
2. Variez votre Maai pour dérouter : Ne restez jamais figé sur une seule distance. Le Maai est dynamique, vivant. Un de mes anciens sensei disait toujours : “Le Maai, c’est comme l’eau, il s’adapte à la forme du récipient.” Essayez d’alterner Tô-ma, Issoku Ittô no Maai et même Chika-ma au cours du même jigeiko. Cette variabilité va semer le doute chez votre adversaire, l’empêchant de s’habituer à votre rythme et à votre portée. J’ai constaté que changer mon Maai régulièrement force l’autre à se réajuster constamment, créant de petites hésitations, de brèves ouvertures que je peux alors exploiter. C’est un excellent moyen de prendre l’initiative et de contrôler le déroulement du combat, sans forcément lancer une attaque physique. Pensez-y comme à une mélodie : une variation dans le tempo rend le morceau plus intéressant et imprévisible. Expérimentez, amusez-vous à explorer les différentes distances, et vous verrez votre Kendo s’enrichir considérablement.
3. Le Seme, une arme silencieuse mais dévastatrice : N’oubliez jamais la puissance de la pression mentale. Le Seme n’est pas qu’une simple avancée physique ; c’est une intention, une volonté inébranlable qui émane de votre kamae et de votre regard. Entraînez-vous à “sentir” votre Seme, à le projeter vers votre adversaire sans bouger de manière excessive. Un simple Kiai bien placé, une légère inclinaison du corps ou un changement subtil dans votre poignée peuvent être des signaux puissants qui déstabilisent l’autre. J’ai eu des moments où j’arrivais à faire reculer des adversaires plus expérimentés que moi, juste par la force de mon Seme. C’est une compétence qui se cultive avec la confiance en soi et une profonde compréhension de l’impact de votre présence. Ne sous-estimez jamais le pouvoir de l’esprit ; il est le moteur de toutes vos actions et peut transformer un adversaire passif en une cible hésitante. C’est une dimension du Kendo qui, une fois maîtrisée, change la donne.
4. Intégrez le Zanshin dans toutes vos actions : Le Zanshin n’est pas réservé à l’après-frappe ; c’est un état de vigilance continue, une présence totale dans l’instant présent. Que vous soyez en train de frapper, de parer, ou même simplement d’observer, maintenez cet esprit alerte. En dehors du dojo, cela se traduit par une concentration accrue dans vos tâches quotidiennes, une attention aux détails qui vous rend plus efficace et moins sujet aux erreurs. J’ai personnellement trouvé que cette pratique constante du Zanshin dans ma vie de tous les jours améliorait ma concentration et ma réactivité sur le shiai-jo. C’est un muscle mental qui se renforce avec l’usage. En cultivant cette vigilance absolue, vous serez toujours prêt à réagir, qu’il s’agisse d’une contre-attaque inattendue ou d’une opportunité fugace. C’est une des plus belles leçons du Kendo, qui vous rend non seulement un meilleur kendoka, mais aussi une personne plus consciente et présente.
5. Analysez vos shiai pour progresser : Chaque shiai, qu’il soit gagné ou perdu, est une mine d’informations. Après chaque confrontation, prenez le temps de réfléchir à ce qui a fonctionné et à ce qui n’a pas fonctionné. Quels ont été les moments clés ? Où avez-vous été vulnérable ? Quelles opportunités avez-vous manquées ? J’ai l’habitude de noter quelques points dans mon carnet après chaque entraînement ou compétition. Cela m’aide à identifier des schémas, à comprendre mes propres habitudes et celles de mes adversaires. C’est une auto-analyse honnête et constructive qui est indispensable pour l’amélioration continue. Ne craignez pas l’échec ; voyez-le comme un tremplin vers une meilleure compréhension de vous-même et de votre Kendo. C’est en tirant les leçons de nos erreurs que nous progressons le plus rapidement, et c’est cette quête de perfectionnement qui rend notre pratique si enrichissante et sans fin.
L’essentiel à retenir de notre discussion
Le Maai est bien plus qu’une simple distance ; c’est une interaction dynamique et psychologique qui demande une adaptation constante. Le Seme et le Zanshin sont des piliers fondamentaux qui façonnent l’esprit du combat, permettant de créer des opportunités et de maintenir une vigilance absolue.
Cultiver son Kendo unique implique une introspection sincère et une volonté d’expérimenter sans cesse. Enfin, la préparation mentale est l’arme secrète qui unifie toutes ces dimensions, permettant de transformer la pression en performance et de trouver la fluidité du Mushin.
Questions Fréquemment Posées (FAQ) 📖
Q: Comment fait-on pour transformer cette frustration que l’on ressent quand nos techniques de Kendo, pourtant bien entraînées, ne passent pas en shiai ?
R: Ah, cette frustration, je la connais si bien ! Croyez-moi, on est tous passés par là. Au début, j’avais tendance à me concentrer uniquement sur ma propre exécution, à essayer de frapper plus fort, plus vite.
Mais le Kendo, ce n’est pas qu’une question de force brute ou de vitesse éclair, loin de là ! Ce que j’ai personnellement appris, et qui a vraiment fait toute la différence, c’est de changer de perspective.
Au lieu de me demander “Pourquoi mon men ne passe pas ?”, je me suis mis à observer mon adversaire. Vraiment observer. Comment respire-t-il ?
Quel est son rythme ? Est-ce qu’il a des habitudes, des tics avant de bouger ? J’ai découvert que souvent, notre adversaire nous offre des ouvertures sans même le savoir, mais on est trop absorbé par notre propre effort pour les voir.
Le secret, c’est de développer cette “vision périphérique” mentale, d’être présent à 100% dans l’instant, mais aussi d’être un peu le détective du dojo.
J’ai commencé à ralentir mon esprit, à ne plus juste réagir, mais à “lire” le jeu. Parfois, le fait de faire un pas en arrière, de se donner un moment de répit, de rompre son propre rythme pour mieux observer, crée juste l’espace et le timing parfait pour que notre attaque, la même que d’habitude, devienne cette fois-ci imparable.
C’est une question de patience et d’adaptation constante, pas de force.
Q: La “stratégie de combat” en Kendo, c’est quoi concrètement ? Est-ce que c’est juste essayer d’être plus malin que l’autre ?
R: Excellente question ! On pourrait croire que la stratégie, c’est juste un truc de “petit malin”, mais en Kendo, c’est bien plus profond et élégant que ça.
Pour moi, c’est une véritable partie d’échecs en mouvement, où chaque pièce est vivante et réagit. Ce n’est pas seulement anticiper le prochain coup, c’est créer le terrain de jeu où le coup idéal va apparaître.
Concrètement, la stratégie commence bien avant le premier kihon. Elle inclut la gestion de la distance (ma-ai), le timing parfait (hyōshi), et surtout, la capacité à lire et à influencer l’esprit de l’adversaire (kakehiki).
J’ai vite compris que si je me contentais d’attendre l’ouverture, j’attendrais longtemps ! Il faut la provoquer. Par exemple, une légère pression, un changement subtil dans mon kamae, une inspiration plus prononcée…
Tout cela peut semer le doute chez l’adversaire, le pousser à une réaction impulsive ou à une hésitation, et hop, c’est à ce moment précis que ma technique “simple” se transforme en un coup décisif.
Ce n’est pas être malin pour le plaisir d’être malin, c’est utiliser toutes les informations disponibles – l’énergie, l’intention, le rythme – pour construire un chemin vers la victoire, tout en respectant l’esprit du Kendo.
C’est l’art de la subtilité qui rend chaque shiai unique et passionnant.
Q: J’aimerais vraiment pouvoir anticiper les mouvements de mon adversaire. Y a-t-il des astuces pour créer des ouvertures là où il n’y en a pas ?
R: Absolument ! C’est le Graal de tout kendoka, n’est-ce pas ? La capacité d’anticiper n’est pas de la magie, c’est une combinaison d’expérience et d’observation affûtée.
D’après ma propre expérience, l’une des clés est de ne pas se focaliser uniquement sur les mouvements des bras ou du shinai. J’ai remarqué que le corps entier “parle”.
Par exemple, une tension particulière dans les épaules, une légère inclinaison de la tête, ou même la façon dont l’adversaire respire peuvent être des indicateurs précieux.
Si quelqu’un inspire profondément, il est peut-être sur le point d’attaquer ou de retenir son souffle pour une poussée. Pour créer des ouvertures, mon “truc”, c’est souvent d’utiliser ce que j’appelle des “fausses pistes”.
Ce n’est pas une feinte grossière qui crie “je vais faire ça !”. C’est plutôt une intention subtilement montrée. Par exemple, je peux faire un minuscule déplacement de mon kamae vers la droite comme si j’allais attaquer au kote droit, juste assez pour attirer son attention et provoquer une réaction défensive de ce côté.
Et boum ! Si son kote gauche se découvre légèrement en compensation, c’est là que j’attaque. Ou parfois, je vais le pousser mentalement à l’attaque en relâchant un peu ma pression, comme une invitation.
Certains adversaires, se sentant “libérés”, vont se précipiter et là, c’est le piège. C’est en fait une danse où l’on guide l’autre sans qu’il s’en rende compte.
C’est en expérimentant ces “petits jeux” mentaux que j’ai vraiment commencé à transformer mes shiai et à découvrir une dimension du Kendo que je n’imaginais pas.





